Par Chente, vendredi 20 novembre 2009 à 22:58 | Général | #64 | rss
En France, on le sait, quand on se marie, Mademoiselle devient Madame, et prend, la plupart du temps, comme nom d'usage celui de son mari. Ceci, parce que la loi le lui permet depuis le 6 fructidor de l'an II, bien que la loi lui impose de garder son patronyme (nom de naissance) devant les instances publiques. Dans les esprits de beaucoup, ce serait l'inverse, à savoir que l'épouse prend le nom de son mari, sauf si elle en exprime la volonté contraire. Dans les faits, aller à l'encontre de la coutume, c'est extrêmement compliqué, mais c'est une autre histoire.
En d'autres termes, la coutume veut que Madame perde son nom, et s'efface devant l'omniprésence de son mari.
Au Mexique, tout comme dans les autres pays hispanophones, c'est très différent. Tout d'abord, on est l'enfant de ses deux parents. Par exemple, si j'étais mexicain, je m'appellerai Vincent Chosson Beguin. Et ma femme Olga Barbara Grijalva Alvarez. En se mariant, elle conserve ses patronymes (le paternel, qu'elle tient de Manuel Grijalva Mada, et le maternel, qu'elle tient de Magdalena Alvarez Zazueta). Parce qu'après tout, elle a beau s'être mariée, elle reste elle-même, entière (heureusement !).
Notre famille est composée de nos deux origines, j'y apporte mon passé, mon vécu, et Olga apporte son passé, son vécu. Notre famille reflète donc ces deux facettes, et incorpore donc nos patronymes (du moins, nos noms paternels, histoire de ne pas trop surcharger). Nous sommes donc la famille Chosson Grijalva. Composée de Vincent Chosson Beguin, d'Olga Barbara Grijalva Alvarez, et d'Itzel Chosson Grijalva (notre chatte, mais nos futurs enfants seront aussi Chosson Grijalva).
Comme ça, chacun reste lui-même, et le fruit de cette union porte la marque des deux parties prenantes.
Depuis notre mariage, j'ai beaucoup réfléchi à la question (il faut dire qu'il faut lutter jour après jour pour que soit respecté le nom d'Olga). Et j'en suis arrivé à la conclusion que cette façon de faire est beaucoup plus respectueuse des personnes, et que le résultat est beaucoup plus efficace quant aux relations familiales.
L'une des conséquences, par exemple, est que, en France, je suis Chosson, et mes cousines sont Bonnel. Dur à savoir que nous sommes de la même famille ! Au Mexique, Olga est Grijalva Alvarez, et ses cousins sont Cruz Alvarez. Tout de suite, c'est plus évident...





J'ai oublié de préciser... Dans le pays des Droits de l'Homme, où est inscrit entre autres le mot égalité sur le fronton des mairies, il est étonnant que l'on veuille forcer une femme à prendre le nom de son époux, alors qu'à l'inverse, il est impossible pour un homme de substituer son nom par celui de son épouse (tout au plus peut-il adjoindre ce nom au sien). Où est l'égalité dans ce cas ?
Exemple pratique : pourquoi un femme étrangère, mariée à un français, se voit obliger l'apparition du terme "épouse X" sur son permis de séjour, alors qu'un homme étranger, marié à une française, ne verra jamais écrit "époux Y" ?
"du moins, nos noms paternels, histoire de ne pas trop surcharger", c'est tout ?
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